Abécédaire sur la préservation
des langues autochtones

2015 - 2016

Caroline Bernard

Josée Daris

Damien Guichard
 

Partenaire

DOCIP, Genève
 

Lors du 1er symposium organisé en 2013, les représentants des peuples autochtones aux Nations Unies ont inscrit dans le document final la transmission de l’histoire orale comme axe prioritaire. Ils constatent qu’une partie de leur combat est aujourd’hui mal connue des jeunes générations. Certains aspects de leur culture se trouvent en péril faute de pouvoir être portés par les jeunes autochtones. Avec d’autres partenaires, il a été demandé au DOCIP de travailler sur cette question. L’organisation consacre ainsi son énergie à la pérennisation des témoignages des anciens et assure un rayonnement de la parole autochtone à la fois envers les jeunes générations, mais aussi à l'extérieur des communautés afin que dans ce monde, une vraie place pleine et entière soit accordée à leur histoire.
Find In Translation est un projet de recherche portant sur la préservation des langues autochtones, le premier volet a été financé par un fond de l'union européenne. Il s'agit d'un abécédaire vidéo de trente et un mots choisis par de jeunes représentants des communautés autochtones du monde entier, lors du deuxième symposium organisé par le DOCIP à l’ONU (Genève). Ces trente et un mots évoquent les combats menés par les peuples autochtones à travers le monde ainsi que les valeurs portées par ces communautés.
Le projet est présenté sous la forme d’un abécédaire sur Internet comme une sorte de dictionnaire multilingue. A comme Ancestral, B comme Belief, C comme Cultural. etc. Pour un seul mot, toutes les langues coexistent sur une même page comme un dictionnaire universel, montrant combien le monde est fécond de mille sonorités.
Le titre Find in Translation est une sorte d’inversion de l’expression anglaise Lost in translation. Lost in translation signifie qu’un mot ou une expression est inapte à la traduction. Pendant ces rencontres et ces tournages, il est arrivé que le mot anglais ou espagnol ne puisse être traduit dans une langue, ou que plusieurs mots soient nécessaires pour exprimer une idée équivalente. Une personne interviewée pouvait aussi ne pas connaître la traduction d’un mot. Ces réponses sont laissées sous leur forme vidéo, il arrive donc qu’un interlocuteur explique qu’il ne sait pas ou que le mot n’existe pas, comme par exemple le mot violation en aymara. Ces blancs parlent de la nature vivante d’une langue, de sa difficulté parfois à être transmise, de sa relation à un contexte culturel qui ne trouve pas toujours son pendant dans un autre langage. Nous pouvons considérer qu’il se perd toujours quelque chose dans la traduction ou au contraire nous pouvons estimer que ces variations de langages et de concepts sont une grande richesse culturelle.
L’idée de recourir à la vidéo est de respecter la nature orale des langues sans tenter de les écrire. De plus, ces langues se trouvent incarnées par les personnes qui les portent y compris dans leurs inexactitudes.

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Extrait de l'abécédaire vidéo en 11 langues autochtones

Extrait de l'abécédaire
en 11 langues autochtones